Le dopage Sanguin

transfusions-sanguines-fernand-lopezLe dopage sanguin consiste pour l’athlète à recevoir ses propres globules rouges (transfusion autologue), ceux d’un donneur (homologue), de plusieurs donneurs (hétérologues) ou d’hémoglobine dans le but d’augmenter ses performances. Cette forme de dopage augmente instantanément le nombre de globules rouges, transporteurs de l’oxygène vers les muscles, donc les capacités d’endurance de l’athlète.

Dans l’autotransfusion ou transfusion autologue, du sang est prélevé sur l’athlète. La mœlle osseuse se met au travail pour compenser cette perte et produire des globules rouges.

Le sang prélevé est stocké avec toutes les précautions qui s’imposent et le moment venu réinjecté, ce qui augmente d’autant les capacités d’endurance.

Transfusion autologue ou homologue

Le plus souvent, on retire le plasma en faisant passer le sang dans une centrifugeuse. Dans ce cas, seuls les globules rouges sont réinjectés à l’athlète, sous la forme d’une sorte de purée. Lorsqu’on agit ainsi, l’hématocrite augmente de 10% environ. Comme le niveau de ce dernier est surveillé, en France notamment, l’athlète se fait souvent réinjecter un peu de plasma pour maintenir le volume sanguin.

L’autotransfusion est indétectable, mais elle a l’inconvénient d’entraîner après le prélèvement une période d’anémie qui empêche l’athlète de s’entraîner comme il le devrait. Voilà pourquoi les « préparateurs » des sportifs optent souvent pour du sang provenant d’un donneur ayant le même groupe sanguin.

Le raffinement consiste à administrer de l’érythropoïétine (EPO) au donneur, avant que du sang lui soit prélevé pour « booster » le niveau des globules rouges. Ce « supersang » est ensuite perfusé sur l’athlète au moment opportun.

Le dopage sanguin a fait son entrée dans le sport de haut niveau dans les années 1970. Il s’agissait à l’époque d’une méthode tout à fait licite, qui a permis l’athlète finlandais Lasse Viren de remporter le 5000 m et le 10000 m aux Jeux Olympiques de Munich en 1972. Il a aussi été utilisé avec succès par l’équipe américaine de cyclisme aux JO de 1984 à Los Angeles. La transfusion sanguine est interdite pendant et en dehors des compétitions depuis 1986.

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Qu’il soit homologue ou autologue, le dopage sanguin est risqué. D’abord, la durée de conservation du sang est assez courte. Le sang doit être prélevé en milieu stérile, conservé à +/- 4 degrés. Les globules rouges congelés doivent être conservés à très basse température. Cette chaîne du froid ne doit pas être rompue, au risque de provoquer des infections, comme en témoigne la mésaventure arrivée au cycliste espagnol Jesus Manzano en 2003, alors qu’on le « préparait » pour le Tour du Portugal, après l’avoir transfusé avant le Tour de France. « Les poches de sang ne portaient pas mon nom. Ils m’ont transfusé 125 mL et j’ai commencé de me sentir mal, vraiment mal. Je tremblais. J’avais plus froid que si je m’étais trouvé au Pôle Nord. S’ils m’avaient transfusé un demi litre, je serais rentré à la maison dans une boîte. »

Le processus n’est donc pas une affaire artisanale. Il y faut la participation de médecins, biologistes, laborantins. Et il y a depuis 2004 le risque d’être testé positif.

Comment on détecte le dopage aux transfusions?

Le dépistage des transfusions autologues passe par la mesure de l’hématocrite.

Le dépistage des transfusions homologues fait appel à une technique mise au point en 2003 par des chercheurs australiens. Chaque globule rouge possède un groupe d’antigènes spécifique. Si l’on marque ces antigènes avec un colorant fluorescent, une machine appelée cytomètre peut faire la différence entre les cellules qui portent des antigènes différents. Pour cela, on fait passer 50 000 globules rouges en file indienne dans un tube. Un laser illumine les marques fluorescentes et un autre appareil trie les cellules selon le type d’antigènes qui est illuminé. Un graphique est réalisé en fin de processus : un pic isolé correspond au propre sang de l’athlète. S’il existe un deuxième (ou un troisième) pic plus petit, c’est le signe que l’athlète a reçu des globules rouges d’un donneur.

Nelson M, Popp H, Sharpe K, Ashenden M. Proof of homologous blood transfusion through quantification of blood group antigens. Haematologica. 2003 Nov;88(11):1284-95

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