Le régime paléolithique (1ere partie)

Le régime paléolithique prône un retour à l’alimentation de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Faut-il s’emballer pour un mode de vie issu d’une époque où l’espérance de vie ne dépassait pas 25 ans à la naissance ? Le point de vue de Julien Venesson, auteur du livre Paléo Nutrition.

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Les premiers hominidés sont apparus il y a environ 9 millions d’années. Jusqu’à il y a 10 000 ans environ, date du début de l’agriculture, ils vécurent de chasse et de cueillette. Ils ne se nourrissaient que de fruits sucrés et baies, pousses, bourgeons, fleurs et jeunes feuilles, viandes, moelle osseuse, organes animaux, poissons et crustacés, insectes, larves, œufs, racines, bulbes, oléagineux et graines. Ils ne consommaient aucune céréale, pas de produits laitiers, pas de sucre et aucune huile végétale. C’est ce qu’on appelle l’alimentation « paléolithique », en référence au nom de cette époque qui précède l’invention de l’agriculture, nommée elle « néolithique ».

De nombreuses recherches récentes sur les squelettes et restes humains datant de cette époque indiquent que l’homme pratiquant l’alimentation et le mode de vie paléolithiques ne connaissait pratiquement pas les cancers, les maladies cardiovasculaires et l’ostéoporose. Cependant, avec une espérance de vie estimée à 20 ou 25 ans (contre 82 ans en France en 2012), l’explication couramment admise jusqu’à présent était que l’Homme paléo n’avait simplement pas le temps de développer de telles maladies.

Quand on parle d’espérance de vie, on parle d’espérance de vie à la naissance, qui est une mesure moyenne de l’âge du décès dans une population donnée. Si l’on vous dit qu’un groupe de population a une espérance de vie de 35,5 ans, vous vous dites sans doute que ce groupe doit être en bien mauvaise santé pour avoir une espérance de vie aussi basse. Or si l’on considère une femme de 70 ans et un homme de 72 ans en bonne santé et qui ont eu deux enfants morts à la naissance par suite de complications lors de l’accouchement, l’espérance de vie de ce petit groupe est de 35,5 ans (70 + 72 + 0 + 0 = 142/4 = 35,5). Pourtant ces 4 individus n’étaient pas en mauvaise santé. C’est à peu près ce qui s’est produit au cours du Paléolithique : les cliniques pour accoucher n’existaient pas, les antibiotiques non plus : la moindre petite blessure pouvait s’infecter, entraîner une septicémie et la mort ; la mortalité infantile était donc très élevée. Aujourd’hui encore, la première cause de mortalité dans le monde chez les enfants de moins de 5 ans est le décès à la naissance, imputable majoritairement à des défauts d’hygiène.

Des travaux de chercheurs en anthropologie de l’université du Nouveau-Mexique aux États-Unis ont montré qu’au Paléolithique, environ 50 % seulement des enfants parvenaient à l’âge de 15 ans. Une fois ce seuil franchi, les individus parvenaient à atteindre en moyenne l’âge de 54 ans1 ! Dix pour cent des adultes environ dépassaient la soixantaine.

La vie au Paléolithique était sans aucun doute très rude : une sorte de camping en milieu hostile, tout au long de l’année. Imaginez un peu résister aux températures hivernales sans chauffage, aux maladies sans antibiotiques, à la fièvre sans aspirine, à une fracture consécutive à une mauvaise chute sans chirurgie ni antidouleurs et aux guerres de clans. Dans de telles conditions, ces chiffres de longévité sont tout simplement incroyables.

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